Il va de soi que la pandémie de la COVID-19 et la perspective de devoir cohabiter avec le virus changent notre perception de l’environnement bâti, englobant les habitations, les espaces de travail, les espaces publics et l’environnement urbain.

Les architectes et les décorateurs doivent désormais repenser les habitations et les autres lieux de vie ainsi que la mobilité dans la ville, pour favoriser la reprise des activités dans le respect des mesures de distanciation sociale et de protection de la santé des citoyens.

Développement d’idées et de solutions favorables à la reprise des activités

Partout dans le monde, on remarque une explosion d’idées innovantes et de solutions adaptées au nouveau mode de vie des citoyens, de façon à ce que les usagers et les clients des espaces publics puissent reprendre une vie quasi normale en toute quiétude, tout en respectant les mesures barrières.

À Amsterdam, aux Pays-Bas, des serres en verre ont été installées sur la terrasse d’un restaurant pour permettre aux clients de profiter d’une vie sociale, dans le respect des nouvelles règles de distanciation sociale. En Thaïlande, les restaurateurs ont adopté les écrans de protection en plexiglas pour préserver leurs clients de la contagion de la COVID-19.

Dans la plupart des grandes villes du monde entier, le fonctionnement des espaces publics tels que les centres commerciaux et les hypermarchés ont été repensés de façon à limiter les contacts.

Les architectes et les décorateurs en première loge dans le réaménagement des espaces de vie

Se trouvant en première ligne dans le réaménagement des espaces de vie et des lieux publics, les architectes et les décorateurs sont sollicités pour répondre aux besoins des nouvelles exigences de la vie citadine.

C’est le cas de l’aménagement des espaces de travail, mais aussi des espaces publics tels que les salons de coiffures, cafés et bien d’autres encore.

En effet, la crise de la COVID-19, qui a modifié le comportement des consommateurs, a également des répercussions sur le mode de vie de la population.

Ainsi, en France, d’après le sondage CSA pour Malakoff Humanis, publié le mercredi 6 mai 2020, près de 60 % des nouveaux télétravailleurs envisagent de pratiquer le télétravail, de manière régulière ou ponctuelle, après le déconfinement.

Cela implique de nouveaux projets d’aménagement et de décoration d’intérieur de façon à ce que les usagers puissent évoluer dans un cadre de vie agréable et favorable à une meilleure productivité.

En outre, la COVID-19 pourrait précipiter la fin de l’engouement pour le concept de l’open space ou bureau ouvert.

Pour répondre aux mesures de distanciation sociale, les entreprises seront nombreuses à faire appel à des décorateurs d’intérieurs ou à des spécialistes de l’aménagement des espaces de travail pour repenser la configuration des bureaux ouverts.

Afin de se démarquer de la concurrence, les architectes et les décorateurs doivent être en mesure d’apporter des solutions innovantes, performantes et évidemment peu coûteuses.

Des solutions intégrant design et technologie pour une vie quotidienne moins contraignante

La perspective de devoir cohabiter avec le virus oblige la population à adopter de nouveaux comportements et un nouveau mode de vie.

Et pour que la vie quotidienne soit moins contraignante, c’est aux architectes de concevoir des espaces publics fonctionnels et aux spécialistes de l’aménagement d’intérieur de trouver des solutions adaptées à ce nouveau mode de vie et de travail.

En effet, la tendance est aux solutions qui intègrent design et technologie.

Vers l’automatisation des espaces publics pour atténuer la contagion

Il s’est avéré que les villes intelligentes ont eu une longueur d’avance dans la gestion de la crise de la COVID-19, grâce à la centralisation des informations et à la rapidité des prises de décision. De même, le concept de la ville intelligente pourrait faciliter la régulation des fréquentations des espaces publics.

En effet, pour limiter les contacts avec les objets dans les espaces publics (portes, boutons d’ascenseur, etc.), les architectes pourront intégrer les commandes à distance à manipuler via une application sur un smartphone, comme pour le concept de la domotique et de la maison connectée.

Les concepteurs et les architectes pourront ainsi donner plus de place aux commandes vocales, aux portes automatiques, aux serrures contrôlées par smartphone.

Il en est de même de la mobilité urbaine et des autres composants de la ville, qui doivent être pensés de façon à mieux contenir ce genre de crise à l’avenir.

À noter que les architectes et les urbanistes sont en première ligne pour promouvoir les avantages des villes intelligentes comme réponses fiables à la pandémie. D’ailleurs, l’histoire rapporte la contribution des urbanistes et des scientifiques dans la réorganisation de la ville de Londres suite à l’épidémie de choléra en 1854.

L’après COVID-19 pourrait précipiter l’ère de la ville intelligente, à travers des nouvelles conceptions d’espaces publics intelligents, en donnant plus de place à la technologie sans contact.

Acteurs importants à la reprise de la vie sociale, les architectes et les décorateurs seront d’avantages sollicités dans la recherche de solution alliant design et technologie, pour faire des espaces de travail, espaces publics et habitations, des lieux sûrs.